Jean-Michel IMPERATRICE
Coup
de cœur N° 11
Commençons l’année par un sujet qui concerne une grande
partie de la population, mais avant je vous souhaite à toutes et à tous une
excellente année 2012 avec tous mes meilleurs vœux de bonheur.
Peut-on
vaincre la peur du dentiste ?
(Source dossier Cerveau et psycho de janvier 2012)
Personne n’aime aller chez le dentiste et se soumettre la
bouche grande ouverte à des opérations dentaires assez souvent désagréables,
mais la plupart y vont, seuls et le chiffre est déjà énorme, une personne sur
dix est stomatophobe , c’est-à- dire
a une peur phobique du dentiste.
Une étude menée en Allemagne montre que chez certains
patients qui ne sont plus allés chez le dentiste depuis une dizaine d’années en
raison de cette peur irraisonnée présentaient pas moins de neuf caries
importantes dont trois ne permettaient pas de sauver la dent et nécessitaient
leur extraction
Ces personnes phobiques préfèrent s’accommoder de leur
situation, limitant leurs sourires et dans certains cas jusqu’aux contacts
sociaux conscients de leur mauvaise haleine ou de l’effet négatif que pouvait
provoquer chez une autre personne le simple fait d’ouvrir la bouche.
Pourtant en outre de la sphère buccale, une mauvaise hygiène
dentaire peut entraîner des troubles de l’irrigation du cerveau, des obstructions des artères
coronaires.
La peur résulte dans 70 à 80 % des cas d’une mauvaise
expérience douloureuse.
Même si les phobies sont souvent accompagnées de pensées
irrationnelles comme l’impression que les dentistes étaient la plupart du temps
insensibles aux douleurs de leur patient.
Prenez quelques minutes et effectuez ce test américain de
Norman Corah en répondant à cinq questions , chacune affectée d’un point :
Pour
chaque question , le sujet peut répondre « pas peur »,1 point,
« un peu apeuré » 2 points, « assez apeuré » 3 points,
« très apeuré » 4 points, « extrêmement apeuré » 5 points.
Le
résultat est donc compris entre 5 et 25 points, les personnes dont le score
atteint 12 points ont vraiment peur des soins dentaires. Sur un échantillon de 1000 Britanniques, les valeurs
étaient de 9,2 pour les hommes et 11,5 pour les femmes.
-Si vous deviez aller chez le dentiste demain, comment vous
sentiriez-vous ?
-Si vous étiez assis dans la salle d’attente, comment vous
sentiriez-vous ?
-Si le dentiste actionnait sa roulette dans votre bouche,
comment vous sentiriez-vous ?
-Si on vous faisait un soin dentaire avec détartrage et
polissage, comment vous sentiriez-vous ?
-Si vous receviez une injection d’anesthésique dans la
gencive au-dessus de la dernière molaire du haut, comment vous
sentiriez-vous ?
Alors
êtes-vous stomatophobe ?
La bonne nouvelle est que la plupart des personnes peuvent
se défaire de leurs peurs de la même façon qu’elles l’ont apprises.
La thérapie cognitivo-comportementale est particulièrement
efficace. Il s’agit d’apprendre à se confronter et supporter la situation objet
de la peur.
Le patient expose d’abord ses craintes en imaginant les
situations avec une gradation de la peur, puis à les affronter en se rendant
d’abord chez le dentiste pour prendre un RDV.Il s’habitue également en
regardant des images ou des projections de personnes se faisant soigner jusqu’à
ce que l’appréhension diminue.
La combinaison entre thérapie et prise d’anxiolytiques ne
semble pas apporter de solutions satisfaisante selon les statistiques, la
thérapie à elle seule donne de meilleurs résultats.
Après une thérapie de seulement 3 heures, environ 70 % des
patients sont allés à leur deuxième rendez-vous sans chercher d’échappatoire.
On pourrait aussi donner des conseils aux dentistes, que
certains mettent déjà en application :
-Eviter
une ambiance trop médicalisée dans la salle d’attente en proposant des
distractions comme magazines et télévision.
-Annoncer
au patient au fur et à mesure des soins la progression et le traitement qu’il
s’apprête à faire (roulette, injection)
-Mettre
les patients sous analgésiques
-Convenir
avec le patient, que par un signe il peut interrompre les soins, par exemple un
signe de la main ;cela donne au patient le sentiment de ne pas être à la
merci du dentiste et d’avoir un contrôle sur la situation.
Le fond du problème reste que la peur du dentiste est une
phobie comme les autres et qu’il faut trouver une solution avant que les dégâts
au niveau dentaire n’atteignent des dimensions trop importantes.
Alors
à quand votre prochaine visite ???
Jean-Michel IMPERATRICE
Bordeaux Janvier 2012
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